Il y a des rencontres qui ne s’annoncent pas. J’étais simplement sorti pour me balader, quand un mini car jaune, aux couleurs familières de MAGGI, s’est arrêté devant une boutique du quartier. Au volant, une femme élégante, au regard franc. Elle est descendue saluant le commerçant, puis a commencé à inspecter les rayons. Je me suis approché, impressionné et curieux. Je lui ai simplement demandé :
- Bonjour ! Vous travaillez avec MAGGI ?
Elle m’a lancé un regard franc, puis a souri :
- Oui, je m’occupe des points de vente.
- C’est fascinant, j’aimerais vous accompagner pour comprendre comment ça fonctionne.
- Ah bon, mais pour suivre une tournée, il faut une autorisation.
- Je comprends. Si c’est possible, je serais partant.
Elle répliqua :
- Je vais en parler à mon responsable. Si c’est validé, on pourra organiser ça.
Quelques jours plus tard, j’ai eu le feu vert pour l’accompagner sur le terrain. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Caroline Kabré ou Caro Gang, comme l’appellent affectueusement ses clients.
Vendeuse à la Société de commerce général et de distribution (SOCOGED) depuis 2011, elle connaît chaque rue, chaque boutique, chaque visage. Mais ce qui m’a impressionné, ce n’est pas sa maîtrise du volant. C’est la fierté dans sa voix quand elle parle de son métier.
"Grâce à ce travail, je paie les études de ma fille qui est en classe de Terminale et je réponds aux besoins de la famille. Je forme d’autres femmes et jeunes dans ce métier. Et sur le terrain, elles sont nombreuses qui demandent aussi à saisir cette opportunité car impressionnées par mon style de travail. Je montre que les femmes aussi peuvent conduire, vendre et diriger."
Pendant toute la tournée, j’ai vu une femme respectée, organisée, souriante. Chaque arrêt était une scène de respect et de complicité. Les boutiquiers l’attendaient comme on attend une amie. Gérard, l’un d’eux, m’a glissé :
"Caroline, c’est la ponctualité, l’ambiance. Elle nous ravitaille en produits : NESCAFÉ, NIDO, CERELAC, MAGGI… Cela nous permet de répondre promptement aux besoins des consommateurs. Elle prend le soin de bien contrôler ses produits dans nos boutiques pour s’assurer qu’ils s’achètent."
Ce jour-là, j’ai compris que Caroline ne livrait pas que des marchandises, elle est une stratège en marketing. J’étais déjà impatient de découvrir d’autres visages de ce métier.
Entre les virages et les visages, Aminata négocie sa victoire
Deux jours plus tard, alors qu’une pluie fine tombait sur la ville, rendant les rues glissantes et les visages pressés. C’est là, au milieu de ce décor trempé, que j’ai aperçue aussi Aminata Kaboré, vendeus à Koyamga-Distribution. Elle m’a lancé un regard curieux en disant ceci en Moore :
"Mõre yamb gesga ya wusgo ! Yamb ya Kibare kit laa? Qui veut dire en français : Monsieur, vous observez beaucoup là ! Vous êtes journaliste ?" J’ai souri en répondant : peut-être oui. Mais ce jour-là, j’étais surtout là pour écouter.
J’ai suivi la même procédure que pour Caroline, puis j’ai pu l’accompagner.
Avec Aminata, j’ai découvert encore le terrain. Les embouteillages, les clients exigeants, les imprévus. Mais aussi le lien humain, le relationnel client-vendeur.
"Ce que j’aime, c’est le contact. Chaque jour, je rencontre des gens. Je gagne ma vie honnêtement. J’ai acheté ma moto grâce à ce métier. "
Puis, elle a ajouté, plus posément :
"Ce que Nestlé fait pour nous, ce n’est pas juste nous donner des opportunités d’emploi. C’est nous faire confiance. C’est croire que nous pouvons réussir, même dans un métier qu’on disait réservé aux hommes. "
Elle m’a montré comment elle gère ses stocks, comment elle négocie, comment elle rassure. En descendant de son véhicule, j’ai senti que ce métier, pour Aminata, était bien plus qu’un gagne-pain.
Jeanne ne freine plus ses ambitions, elle les conduit
Je croyais avoir déjà tout vu. Puis Jeanne Yaméogo vendeuse à Koyamga-Distribution est arrivée. Sereine, mais avec une présence qui impose le respect, j’étais prêt à l’écouter.
Avant ce métier, elle n’avait jamais imaginé conduire un véhicule de ce type. Aujourd’hui, elle sillonne les quartiers avec assurance.
"En deux ans, j’ai appris à conduire, à vendre, à gérer. Je me sens utile. Je réponds aux besoins de ma famille. Avant, je ne pensais pas pouvoir faire ce genre de travail. Aujourd’hui, je suis fière de moi. Et je sais que je ne suis pas seule." m’a-t-elle confiée.
Elle m’a montré que ce métier, ce n’est pas juste une activité. C’est une porte ouverte vers l’autonomie.
Ce que j’ai découvert, ce n’est pas seulement un système de distribution. C’est une façon de rapprocher les produits des consommateurs, tout en rapprochant les femmes de leur pouvoir d’agir.
Elles sont nombreuses, et elles avancent ensemble
Caroline, Aminata, Jeanne… elles ne sont pas des exceptions. Elles sont nombreuses au volant, d’autres sur motos, à travers le Burkina Faso, chaque matin. À bord de véhicules elles livrent des produits essentiels, mais surtout, elles livrent un message fort : la femme burkinabè est capable, mobile, et actrice du développement local. Et ce système s’est bâti sur une idée simple de Nestlé mais forte : faire confiance aux femmes et aux jeunes, leur donner les moyens d’agir, de se former, de se projeter.
"Cette initiative de promotion du genre a été bien pensée par nos équipes il y a quelques années. Nous avons voulu mettre en lumière le potentiel des femmes. Aujourd’hui, nous sommes fiers de les voir épanouies dans leurs activités", confie avec enthousiasme Omaro Kané, Directeur de la communication de Nestlé Burkina.
Ce que j’ai vu, ce que j’ai vécu, est que derrière chaque mini car, il y a une histoire, une volonté, une main tendue, discrète mais décisive, celle de Nestlé Burkina.
"Nestlé ne nous a pas juste donné un volant. Ils nous ont donné une direction." m’a soufflé Caroline, en redémarrant son moteur.
Christophe SOMDA, Stagiaire en Communication Institutionnelle à Nestlé Burkina